30 janvier 2010

Une soirée avec Petra von Kant


Qu’est ce qui fait que Petra von Kant reste une actrice qui s’agite sur un plateau plutôt qu’un personnage dont les sentiments résonnent en nous ? Mon amie a été touchée par la détresse de l’amoureuse délaissée. J’en étais à me triturer la cervelle à chercher pourquoi Fassbinder avait préféré un personnage de femme dans cette situation où la riche et dominatrice Petra déchire son image et ses certitudes, par passion amoureuse. Autrement dit, je n’étais pas dans la pièce ! «C’est vraiment féminin». Mon amie a répondu à la question, mais à ce moment-là, je me disais que c’était à cause de la façon de jouer réaliste que j’étais resté face à un décor. Ça vaut vraiment le coup, quand même, grâce aux six actrices, excellentes, mais ne faites pas comme moi, soyez dans le tempo !

La Compagnie du Loup, du metteur en scène nantais Yvon Lapous, tient l’affiche de la chapelle du grand T, avec Les Larmes amères de Petra Von Kant (de Fassbinder), depuis le 20 janvier et encore jusqu’au 4 février.

29 janvier 2010

Makoto Ozone délire avec Chopin


Dès les trois premières notes, on comprend que ce pianiste à l’allure trop tranquille va nous conduire sur une autre planète. Makoto Ozone jouait à la Folle Journée de Nantes, jeudi, en toute fin de soirée, devant une audience clairsemée, des improvisations sur des thèmes de Chopin. Le jeune prodige a emmenés son monde dans un pays sans frontières esthétiques, là où les sonates prennent des accents ragtime et les mazurkas flirtent avec le rock’n roll. De quoi faire fondre tous ceux que le classique laisse de glace.

18 janvier 2010

Kritik constructive ?


« Critique : nom et adjectif : jugement esthétique, art de juger les ouvrages de l’esprit, les œuvres littéraires, artistiques (Petit Robert). » Ce petit journal édité à Nantes s’appelle Kritik, et donc, le lecteur s’attend à y trouver des critiques. Mais voilà, il n’y a même plus de surprise à être déçu. L’opuscule se révèle une pompe à pub de plus avec des textes cire-bottes, écrits comme des dossiers de presse. Les annonceurs sont contents ? Je n’en suis même pas sûr. Ici, il y a une traîtrise supplémentaire dans la mauvaise foi du titre. Une tromperie sur la marchandise, ça se dénonce. Des critiques ont existé autrefois, dans certains journaux, et quelques spécimens de l’espèce survivent encore. C’étaient (normalement, parce pas tous, évidemment…) des experts capables de donner un point de vue éclairé sur une œuvre grâce à la maîtrise d’un champ de référence esthétique, historique, ou social. Quelques noms mythiques : Roland Barthes, Bernard Dort, Léon Blum pour le spectacle, sans parler de littérature ou de cinéma. En s’appelant Kritik, ce petit journal s’adosse à cette histoire et fait croire au lecteur que son droit à l’intelligence appartient au passé. Y. P.

8 janvier 2010

Sad Peter Pan


A l'heure où toute la France pleure Philippe Seguin, il faut se souvenir (dans un genre radicalement différent) de Vic Chesnutt, mort le 25 décembre. De ce Rimbaud en chemise à carreau, il reste le souvenir de concerts mémorables, en 1996, dans une salle Paul Fort à moitié vide, puis en 2007 à la Barakason de Rezé. Cet orfèvre de la country-folk était alors diminué physiquement mais toujours aussi inspiré (North Star deserter) et dûment supporté par les musiciens de Thee Silver Mt. Zion et Guy Picchioto, guitariste de Fugazi. La première fois, Vic Chesnutt était venu assurer la promotion de « is the actor happy », l'un des meilleur disque des années 1990. On peut l'écouter des centaines de fois sans se lasser (notamment la ballade automnale «  Sad peter Pan »).

6 janvier 2010

Fiers d’être Nantais


Commentaire lapidaire de mon fils à la vue des affiches de la Ville pour les vœux de bonne année : « Si t’es fier d’être Nantais tape dans tes mains ! » Belle série de messages d’autosatisfaction et auto congratulations. Les Nantais seront ravis de se voir, dans ce miroir, si écolos, si dynamiques et généreux.