8 décembre 2009

Contre la débauche alcoolique, comptons sur les cafés


Festival Bar-bars : ici As Postiront au café sur cour

Les joyeux fêtards du Bouffay sont devenus des « groupes à risques » pratiquant « l’alcoolisation bruyante sur la voie publique ». Magie d’une sémantique policière qui a assimilé le jargon des sociologues, à moins que ce ne soit contraire. Le nouveau contrat de sécurité de la Ville de Nantes prétend prendre en compte la lassitude des résidents des quartiers du centre, en particulier le Bouffay. Trop de tapage porte sur les nerfs, même des plus indulgents. Ce n’est pas une consolation, mais d’autres villes connaissent de pires situations. À Rennes, la concentration de fêtards dans le quartier Saint-Anne/Saint-Michel cause beaucoup plus de tracas, au point que la mairie rachète certains bars pour limiter la prolifération. Je ne sais pas s’il y a trop de bars au centre de Nantes. Je suis sûr, en revanche qu’il n’y en a pas assez dans les quartiers périphériques. Allez donc chercher un café en soirée, après votre cours de serbo-croate, autour de la maison de quartier des Dervallières, de Pin Sec ou du Soleil Levant à Saint-Herblain…Il en va des bars comme autrefois des maisons closes ou aujourd’hui des clandestins de Sangatte. On tire le rideau en espérant calmer l’irritation de l’électeur. Le problème reste alors dans la rue. Déjà, il faut faire le trottoir pour fumer. Beaucoup d’adolescents vont dans la rue pour picoler leur mélange orange dans des bouteilles en plastique. Rien de tel pour se blinder la tête en quelques minutes. Au contraire, pour que le même ado sorte bourré d’un café, il doit vraiment y passer beaucoup de temps, dépenser une coquette somme et échapper à la vigilance du tenancier. Par ailleurs, il arrive parfois que dans ces cafés, l’ado en question se voit proposer autre chose à faire que d’avaler des bières parfumées au jus de cactus. Je pense aux concerts ou aux spectacles. Voici deux semaines se tenait le festival bars-bars (photo). Un moment de fête et de tolérance exceptionnelle. Combien parmi les nombreux cafés participant à ce festival peuvent programmer des spectacles le reste de l’année ? Manque de moyens pour déclarer les artistes, problème d’insonorisation, réglementation tatillonne… Il y a deux ans, Jean-Louis Jossic s’était engagé à chercher des solutions pour aider les cafés-culture de Nantes à surmonter ces difficultés. Il paraît que les choses avancent. On aimerait bien que le plans sécurité prennent aussi en compte cette alternative à l’alcoolisation sur la voie publique qu’est un soirée musicale dans un café.

7 décembre 2009

C’est quoi la « Ikea Family » ?


Le dimanche, on peut courir, faire du vélo ou soigner sa gueule de bois, jouer avec ses enfants, aller au ciné, à la messe, rester sous la couette ou même regarder Michel Drucker… Bref mille et une chose plutôt que d’acheter un canapé Björn ou une lampe Larsën. Depuis des millénaires, religion ou pas, toutes les sociétés décrètent un jour où l’on s’arrête pour respirer, faire autre chose que produire ou consommer comme des brutes. Alors c’est quoi la « Ikea Family » ? Tout le monde à la galerie marchande derrière un chariot ou, pour ceux du bas de l’échelle, trimer sur la caisse enregistreuse ? Les frénétiques de la consommation qui vont acheter le dimanche leur meubles en particules de bois savent-ils qu’un jour, à leur tour, on pourra aussi leur imposer de laisser leur famille pour travailler le dimanche ? Est-ce normal que les syndicats soient seuls à faire le piquet devant le magasin pour que les règles s’appliquent ?

30 novembre 2009

Les Left Lane Cruisers à La Barakason


Pratiques, peu encombrants et économiques en masse salariale, les duos sont très en vogue dans le rock'n roll contemporain... avec plus ou moins de bonheur car un minimum de connaissance musicale est requis. L'apogée du genre est sans doutes les White Stripes, mais dans la même division, et pour seulement 10 euros, on pouvait voir les Left Lanes Cruisers, et trois autres groupes dans la petite salle intimiste de la Barakason de Rezé, le 28 novembre. Chose incroyable dans l'Amérique de Paris Hilton, ces deux petits blancs de l'Illinois, barbus comme de jeunes ZZ Top, ne jurent que par Muddy Water ou Hound Dog Taylor avec un jeu guitare tout en slide, précis et agressif, quoi q'un peu dans la ritournelle. Quant au batteur et percussionniste, il survole de haut le tchacaboum de Meg White. Ces deux barbus vont monter, c'est certain.

27 novembre 2009

Ces entreprises qui ne font plus rêver


Le plan de départs volontaires est une variable d’ajustement très en vogue, l’ultime recours avant le plan social. Plusieurs centaines de salariés ont ainsi quitté Manitou ou Bénéteau, ce dernier a même du restreindre cette possibilité. Nulle doute que le guichet ouvert pour 351 postes chez STX-France recueille un certain succès. l’ex-Chantier de l’Atlantique a d’ailleurs pris ses précautions en précisant bien les postes éligibles, afin de ne pas se dépouiller de compétences clés ni, sans doutes, des salariés les plus dynamiques. La grande entreprise, longtemps synonyme de sécurité, ne fait plus rêver. Malgré la dureté du marché du travail, les salariés sont nombreux à choisir le départ, à vouloir chercher ailleurs des perspectives d’avenir. Suppositions : le poids de la hiérarchie, l’absence de perspectives, l’envie d’indépendance ?